Cancer du Sein : Quelles recommandations en matière de prise en charge ?

De nombreux kinésithérapeutes suivent dans leurs cabinets des patientes atteintes d’un cancer du sein. La rééducation dans les suites post-opératoires est en effet importante pour récupérer une bonne amplitude d’épaule.

L’édition 2020 d’Octobre Rose nous donne l’occasion de (re)découvrir les modalités de prise en charge des confrères/consœurs spécialisés dans ce champ d’intervention. Bonne lecture. !

Les techniques opératoires ont beaucoup évolué ces 10 dernières années : chirurgie plus conservatrice (moins de mastectomies, plus de tumorectomies), reconstruction mammaire dans le même temps opératoire, lipomodelage. La technique du ganglion sentinelle s’est considérablement développée proportionnellement au curage axillaire. L’incidence du risque de lymphoedème est de 5% pour la technique du ganglion sentinelle et de 20% pour un curage axillaire.

Le « gros bras » reste encore le sujet le plus anxiogène pour les patientes. Lors du bilan kinésithérapique, il est important d’aborder le sujet de l’insuffisance lymphatique dû à l’ablation du ganglion sentinelle et/ou du curage axillaire.
Le kinésithérapeute profite des séances de rééducation pour prodiguer des conseils positifs et non des interdits. Ils doivent être adaptés à chaque patiente, selon leurs activités de la vie quotidienne. Conseiller de mettre un gant pour se protéger des écorchures pendant le jardinage au lieu de lui interdire de jardiner est un exemple.
Les infections sont un facteur de risque et d’aggravation du lymphoedème. Il est donc nécessaire d’expliquer et d’évaluer les éléments à risque.

« Le rôle du kinésithérapeute est de sensibiliser la patiente sur l’importance de soigner une plaie immédiatement ainsi que de surveiller son évolution. »

URPS - Rééducation épaule cancer du sein

Il peut lui conseiller d’avoir dans son sac ou sa voiture un désinfectant. Bien qu’aucune étude n’ait prouvé que la prise de tension artérielle et les injections intra-veineuses du côté du bras opéré soient pourvoyeuses de lymphoedème, il est recommandé de réaliser ces deux gestes sur le bras opposé.
Certains traitements hormonaux sont susceptibles d’entrainer un surpoids (IMC supérieur à 25), facteur aggravant du lymphœdème. Le kinésithérapeute peut diriger la patiente vers une consultation en onconutrition.

La reprise d’activités est progressive. Une amplitude articulaire d’épaule satisfaisante est nécessaire pour la recommencer. La présence d’un lymphœdème n’est pas une contre-indication. Elle implique de faire les exercices avec un manchon.

« Les bienfaits d’une activité physique raisonnée, régulière et raisonnable sur les risques de récidive du cancer du sein et sur la fatigue induite par les traitements sont prouvés. »

Elle est recommandée par de nombreuses études internationales pour lutter contre les répercussions cardio-vasculaires, la sarcopénie, l’ostéoporose. Les bases de cette rééducation du déconditionnement de la patiente associent des exercices d’intensité modérée en endurance aérobie, du renforcement musculaire, des étirements. Proposer aux patientes de pratiquer une activité physique au départ adaptée pendant les traitements puis les inciter à continuer une activité physique régulière leur permet de retrouver une estime de soi durement touchée pendant la maladie.

Sources

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