Isère : la CSPD refuse l’implantation d’un kiné en zone franche

Claquement de porte justifié de nos confrères !  ruedelasante

Quitter une commission chargée d’étudier les demandes d’installation en zones surdotées : la décision ne se prend pas de gaieté de cœur. Pourtant les six masseurs-kinésithérapeutes qui siègent à la Commission Socioprofessionnelle Départementale (CSPD) de l’Isère ont dû s’y résoudre. Nos confrères sont excédés de la manière dont le Directeur de la CPAM refuse toute souplesse sur l’installation de professionnels là où leur présence s’avérerait pourtant indispensables : en zone franche !

« La régulation de la démographie des professionnels libéraux passe par la création de zones, dont certaines surdotées et d’autres sous-dotées. Ce zonage conditionne l’installation des cabinets et l’accès aux aides conventionnelles, rappelle Yves Turlin, Vice-Président de l’URMK Rhône-Alpes ;pour les professionnels voulant s’installer en zone surdotée, la demande de conventionnement est étudiée par cette CSP, avec des dérogations possibles. »

L’Isère compte 12 des 24 bassins de vie sur dotés en Rhône-Alpes, qui compte huit départements. Grenoble est entièrement classée en territoire surdoté. Mais nombre des kinés installés dans la capitale dauphinoise travaillent sur listes d’attente car leur clientèle provient aussi des migrations journalières que le zonage a amplement sous-estimées.

C’est précisément à Grenoble que s’est présenté le cas, aberrant, « d’un confrère qui a souhaité s’installer en zone franche. Ces zones franches n’ont-elles pas été créées pour maintenir un lien social fort ? s’interroge Patrick Guillot, l’un des kinés qui ont choisi de claquer la porte ; mais lors de chaque réunion, le Directeur de la CPAM de l’Isère se borne à appliquer la règle du « un pour un », c’est-à-dire à n’accepter d’installation qu’en cas de départ d’un autre confrère. Aucune dérogation n’a été à ce jour acceptée. »

Pour Xavier Gallo, autre confrère en rupture de CSPD, « la commission nous avait été présentée fin 2011 comme le lieu où seraient assouplies les positions administratives, portant un regard nuancé, humain, sur chaque situation qui le justifierait. Nous constatons que nos avis ne sont jamais entendus. C’est pourquoi nous avons pris la décision de partir. »

Et maintenant ?

Xavier Gallo et Patrick Guillot attendent des réactions de la Commission Socio-Professionnelle Nationale ainsi que du monde syndical, auxquels ils ont adressé un argumentaire étayé. Pour l’heure, c’est le silence. Nos confrères éprouvent le sentiment d’une réelle injustice imposée aux professionnels et aux patients de l’Isère. Pour l’URPMK Rhône-Alpes, cette zone franche située au cœur d’un bassin de vie surdoté témoigne de l’absurdité d’un découpage purement comptable et technocratique, à mille lieux des besoins réels de la population.

Patrick GUILLOT

Patrick GUILLOT

Xavier GALLO

Xavier GALLO

Menu