La prise en charge directe par les kinésithérapeutes : une avancée majeure pour notre profession !

Accès direct urps mk ara protocoles de coopération

Annoncée dans le cadre du Pacte de Refondation des Urgences, cette mesure était attendue par nombre de nos confrères. Les arrêtés ministériels publiés ce 8 mars 2020 définissent et arrêtent le cadre de mise en place relatif à l’accès direct en kinésithérapie pour la traumatologie bénigne que sont la lombalgie aigue et l’entorse de cheville

Il s’agit d’une avancée majeure pour notre profession, qui accède à ces pratiques, à l’instar du Canada, de l’Australie ou du Royaume-Uni, pays ayant franchi cette étape depuis déjà plusieurs années.

Les masseurs-kinésithérapeutes seront ainsi habilités à prendre en charge en première intention les patients souffrant :

  • de douleur lombaire aigüe inférieure à 4 semaines
  • d’une douleur à la cheville consécutive à un traumatisme

Quelles sont les conditions de mise en place de cet accès direct ?

  • Il s’agit d’une prise en charge dérogatoire proposée dans le cadre de protocoles de coopération nationaux. Tout kinésithérapeute désireux de réaliser ces prises en charge travaillera en collaboration avec un médecin, formant ainsi un binôme délégué-délégant.
  • Le binôme travaille au sein d’une structure pluriprofessionnelle labellisée par l’Agence Régionale de Santé. ll peut s’agir d’une maison de santé, d’un centre de santé ou d’une équipe de soins primaires. Les professionnels devront dans chacun de ces 3 cas disposer d’un logiciel labellisé par l’Agence du Numérique en Santé afin de permettre un partage d’informations et un suivi des patients sécurisés

Quels sont les patients pouvant recourir à une prise en charge directe par les kinésithérapeutes ?

  • Tout patient concerné par les 2 pathologies énoncées ci-dessus, âgé de 18 à 55 ans et ayant consenti à être reçu en première intention par le kinésithérapeute.
  • Plusieurs critères d’exclusion (cf. arrêtés ci-dessous, en téléchargement) ont été définis pour chaque pathologie. Si l’un d’eux est vérifié, le patient ne pourra être pris en charge par le kinésithérapeute et sera orienté directement vers son médecin traitant.

Quels seront les actes réalisés par les kinésithérapeutes ?

Ces actes relèvent du diagnostic, de l’évaluation des drapeaux rouges et des drapeaux jaunes. Ils incluent également la prescription de traitements antalgiques, de radiographies, de bilans et de séances de masso-kinésithérapie. Des arrêts de travail pourront également être signés par les kinésithérapeutes, en se basant sur les référentiels AMELI.

Les modalités d’adhésion à ces protocoles de coopération nationaux sont actuellement en cours de rénovation et simplification. Elles devraient être précisées dans les prochaines semaines. La question de la rémunération des actes reste encore à définir, affaire à suivre donc !

En téléchargement :

  • Arrêté du 6 mars 2020 relatif à l’autorisation du protocole de coopération « Prise en charge de la douleur lombaire aigüe inférieure à 4 semaines par le masseur-kinésithérapeute dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle 
  • Arrêté du 6 mars 2020 relatif à l’autorisation du protocole de coopération « Prise en charge du traumatisme en torsion de la cheville par le masseur-kinésithérapeute dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle

En lien avec cet article : E-Conférence « Drapeaux rouges en kinésithérapie, quand doit-on réorienter le patient ? »

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