Moi(s) Sans Tabac – La prise en charge du sevrage tabagique par les kinésithérapeutes en 4 points

À l’occasion de la 4e édition du Moi(s) Sans Tabac, l’URPS MK ARA propose aux kinésithérapeutes de la région Auvergne Rhône Alpes une information pratique sur la prise en charge du sevrage tabagique. 

Vos patients savent-ils que vous pouvez les accompagner dans leur démarche d’arrêt du tabac ? Savent-ils que vous êtes autorisés depuis 2016 à leur prescrire un traitement nicotinique de substitution ?

  • N’hésitez pas à les informer, en plaçant de la documentation dans vos cabinets.
  • En consultation, abordez le sujet, sans stigmatisation, ni jugement.

Télécharger les affiches au format PDF :

1- Le conseil minimal

Le conseil minimal, induit un arrêt spontané chez 4 % des fumeurs en France

Quelques questions simples à poser à votre patient afin d’identifier un besoin d’accompagnement :

« Fumez-vous ? »

« Savez-vous qu’avec un traitement et un accompagnement adaptés, vous augmentez vos chances de réussir votre sevrage ? »

Si votre patient ne manifeste pas de désir d’arrêt, indiquez lui que vous restez disponible pour en parler quand il en ressentira le besoin. Le sevrage demeure une démarche volontaire

2- La démarche de sevrage et l’évaluation

  1. Présentez à votre patient les bénéfices liés à l’arrêt du tabac : récupération du souffle, amélioration du goût et de l’odorat, diminution de la toux et de la fatigue, diminution du risque d’infarctus du myocarde.
  2. Échanger sur les idées reçues et aidez-le à renforcer son degré de motivation et confiance en lui.
  3. Afin d’évaluer la dépendance : le test de Fageström : téléchargez-le ici

– Combien de temps après votre réveil fumez-vous votre première cigarette ?

– Trouvez-vous difficile de vous abstenir de fumer dans les endroits où c’est interdit ?

Généralement, le score obtenu aux deux premières questions permet d’identifier le niveau de dépendance et oriente la posologie

3- Les traitements d’aide au sevrage tabagique et leur posologie

En première intention, les substituts nicotiniques :

  • Patchs ou dispositifs transdermiques – Ils constituent la base du traitement. Leur dosage varie en fonction des marques : 25 mg/16h ; 21 mg/24h ; 14 mg/24h ; 7 mg/24h ; 15 mg/16h ; 10 mg/16h
    Les formes orales s’utilisent en complémentarité des patchs, selon les besoins du patient.
  • Gommes – Contiennent 2 ou 4 mg – Jusqu’à 12 par jour
  • Comprimés ou pastilles à sucer – Contiennent de 1 à 4 mg de nicotine – Jusqu’à 12 par jour
  • L’inhalateur : nicotine orale sous forme de micro – gouttelettes. Utilisation à volonté
  • Le spray buccal : Contient 1 mg de nicotine. Utilisation à volonté. Attention : son utilisation n’est pas recommandée si le patient continue de fumer.

Pour la posologie, s’appuyer sur le nombre maximal de cigarettes fumées, en se basant sur la formule recommandée par les tabacologues « 1 cigarette = 1 mg de nicotine ». Attention, cette formule générale tend à sous-doser le traitement, n’hésitez pas adapter celui-ci en fonction des retours de votre patient après une semaine de sevrage.

Adapter la posologie dès la première semaine :

  • Si signes de surdosage (nausées, céphalées,troubles intestinaux…) bien que le patient ne soit pas en danger, baisser la posologie.
  • Si signes de sous dosage ( irritabilité, envie incessante de fumer, insomnies..), augmenter la posologie, afin de supprimer les symptômes liés au manque.
    Le traitement dure généralement de 3 à 6 mois. La diminution est progressive, toutes les 4 semaines en moyenne.

En seconde intention

La varénicline est un agoniste du récepteur nicotinique. Il limite l’envie de fumer et inhibe l’effet de récompense liée à la nicotine. Son utilisation est contre-indiquée chez la femme enceinte.

Campagne Mois Sans Tabac

4- Remboursement des substituts nicotiniques

Depuis le 1er janvier 2019, les patchs, gommes à mâcher, comprimés et pastilles sont remboursés à 65% par l’Assurance Maladie sur prescription. Le remboursement n’est plus soumis à un forfait annuel de remboursement.
Liste des substituts nicotiniques remboursés par l’Assurance Maladie

Votre prescription bénéficie au seul patient pris en charge, et ce durant la durée de la prescription médicale d’actes de kinésithérapie (sauf indications contraires du médecin).
Vous rédigez votre prescription sur une ordonnance libre, établie en double exemplaire.

L’URPS MK met à disposition des kinésithérapeutes de la région Auvergne Rhône-Alpes des ordonnanciers. Pour en faire la demande, merci de contacter l’URPS

Et la cigarette électronique ?
Les professionnels de santé sont invités à ne pas en décourager l’usage chez un fumeur qui l’utilise. Dans ce cas, considérée comme moins toxique que la cigarette (absence de goudron et de CO), la cigarette électronique peut être un outil d’aide à l’arrêt.

Pour plus d’informations :

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