Préparer la réouverture des cabinets de kinésithérapie en Auvergne Rhône-Alpes

La reprise progressive de l’activité des cabinets s’effectue sous réserve du strict respect des mesures barrières, à l’attention des patients les moins fragiles (cf. Site du Ministère des solidarités et de la santé – Personnes fragiles) et pour les soins non reportables. Cette reprise progressive ne doit pas se faire au dépend des patients les plus fragiles qui doivent toujours bénéficier d’une prise en charge à domicile.

Afin d’accompagner au mieux la réorganisation de l’activité, l’URPS MK ARA se propose, au travers d’une page dédiée, de vous informer tout au long des prochaines semaines sur les mesures liées à la réouverture des cabinets. Il s’agit entre autrAfin d’accompagner au mieux la réorganisation de l’activité, l’URPS MK ARA se propose de vous informer sur les mesures liées à la réouverture des cabinets. Vous trouverez ci-dessous le guide de bonnes pratiques relatif à la prise en charge du patient en cabinet de ville, élaboré au 24 avril 2020 :

Le CPias Auvergne-Rhône-Alpes a également élaboré plusieurs recommandations complémentaires, qui vous sont présentées ci-dessous.

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Les centres régionaux d’appui et de prévention des infections associées aux soins (CPias), au nombre de 17 sur le territoire national, apportent leur expertise dans la gestion et la prévention du risque infectieux associés aux soins auprès des établissements sanitaires, médico-sociaux et des structures de ville.

Communiqué de presse du 30 avril 2020 de l’URPS MK et du CROMK

Bien que l’annonce d’une réouverture possible des cabinets dès le 24 avril ait été faite à l’échelon national, il était primordial d’en affiner les modalités opérationnelles à l’échelon régional.

C’est en ce sens que les présidents du CRO MK ARA et de l’URPS MK ARA ont échangé ce jeudi 30 avril avec l’Agence Régionale de Santé.

Suite à cette réunion, un communiqué de presse a été rédigé conjointement par les deux instances représentatives.

Les organisations représentatives de la profession, CRO et URPSMK, ont pu exposer ce jour devant l’ARS ARA en conférence téléphonique les nouvelles conditions de prise en charge rendues possibles depuis la parution du « Guide des bonnes pratiques en période COVID relatif à la prise en charge du patient en cabinet de ville » par le Conseil National de l’Ordre. Après avoir rappelé que cette nouvelle offre venait se rajouter à la prise en charge à domicile et ne concernait toujours que les soins urgents et non reportables tels qu’ils avaient été définis dans des communications  précédentes et ne constituait pas une ouverture des cabinets pour toutes les pathologies, le CRO et l’URPS ont insisté sur l’absolue nécessité du respect strict des mesures de sécurité et d’hygiène édictées, par le Guide ainsi que par les fiches CPIAS mises à disposition sur le site de l’URPS, durant la période de confinement toujours en vigueur. L’ARS ARA a tenu à rappeler que la situation de certains départements (Rhône, Loire, Ain et Haute-Savoie) appelait à la plus grande prudence. Les trois interlocuteurs ont convenu de se retrouver hebdomadairement pour faire un point sur l’évolution de l’épidémie dans la région afin au besoin de réajuster les mesures inhérentes à cette nouvelle offre ainsi qu’en référence aux dispositifs de déconfinements à venir.Les CDO et l’URPS continueront à vous accompagner dans cette ouverture progressive des cabinets.  Confraternellement.

Les présidents du CRO MK ARA et de l’URPS MK ARA

Foire aux questions

La durée de vie du virus

Quelle est la durée de survie du virus sur une surface sèche ?

Elle peut aller de quelques heures à quelques jours selon les matériaux. Le virus peut survivre sur la surface quelques heures mais ne se multiplie pas. Le virus sera détruit si la surface est entretenue avec un détergent désinfectant virucide avec la norme NF EN 14476 (actif au minimum sur Vacciniavirus).

Les modes de transmission du virus / les signes cliniques

Existe-t-il des patients asymptomatiques ? Sont-ils contaminants ?

Oui il existe des personnes asymptomatiques pouvant transmettre le virus, d’où la préconisation du port de masque pour tout patient. La transmission est d’autant plus importante que la personne est symptomatique.

Lors de l’arrivée du patient au cabinet, la prise de température systématique est-elle suggérée ?

Non le Haut Conseil de santé publique ne recommande pas le dépistage par prise de température. En effet, la température peut être modifiée par une prise de paracétamol avant la consultation. Cependant il est recommandé, lors de la prise de rendez-vous, de questionner systématiquement le patient en lui demandant si des signes cliniques sont apparus, dont la fièvre, et si une personne de son entourage a elle-aussi des signes cliniques (cf. ci-dessous).

Quelles sont les informations à demander au patient à la prise de rendez-vous ?

Il faut demander au patient si lui ou un membre du foyer a des signes cliniques inhabituels. Pour rappel, les symptômes du COVID-19 sont les suivants : syndrome grippal (toux, fièvre, courbatures), céphalées inhabituelles (chez un patient non migraineux), essoufflement/difficultés respiratoires, signes respiratoires inhabituels ou aggravés de type bronchite/pneumopathie, douleurs abdominales/diarrhées.
Si la dyspnée est habituelle chez un patient (exemple : patient BPCO), il faut bien lui demander s’il y a une aggravation de sa dyspnée
En cas de symptômes évocateurs le patient doit consulter son médecin traitant : la prise en charge du patient est à reporter en attendant le résultat de la consultation.

Est-ce que le virus peut se transmettre par les oreilles ?

Non, il s’agit d’une transmission uniquement par les muqueuses : œil – bouche – nez. Il faut contrôler ses gestes et éviter au maximum de se toucher machinalement le visage pendant la prise en charge du patient. Il est donc nécessaire de multiplier les gestes d’hygiène des mains.

Est-ce qu’un contact entre la blouse du professionnel et le patient peut transmettre le virus par la suite ?

C’est envisageable si une muqueuse du patient (bouche/nez/œil) venait à être en contact avec la blouse. Dans ce cas, il est recommandé de mettre un tablier plastique à usage unique pour protéger la tenue, tablier à éliminer en fin de prise en charge du patient (exemple de situation décrite en ostéopathie).

Le port du masque

Combien de temps le masque à usage médical (ou masque chirurgical) est-il efficace ?

Oui il existe des personnes asymptomatiques pouvant transmettre le virus, d’où la préconisation du port de masque pour tout patient. La transmission est d’autant plus importante que la personne est symptomatique. En moyenne, pour un masque à usage médical, il est conseillé un port maximal de 4H, il faut se référer aux recommandations du fabricant.
En cas d’escarre de l’arête du nez consécutive au port du masque en continu, le CPias invite le professionnel à protéger cette zone en appliquant un pansement (pansement non possible lors du port d’un maque FFP2 car cela provoquerait une fuite d’air et un risque pour le professionnel).

Si le patient porte un masque, le masseur-kinésithérapeute doit-il porter des lunettes ou une visière de protection ?

Les lunettes ou les visières ont pour objectif d’être une barrière entre le postillon et les muqueuses oculaires. S’il n’y a pas de postillon émis, bloqués par le masque, le risque d’être contaminé au niveau des yeux n’existe plus. À ce moment-là, la visière ou les lunettes de protection ne sont plus indispensables.
À l’inverse, il est recommandé au kinésithérapeute de porter une visière ou des lunettes de protection si le patient ne porte pas de masque et que le cabinet n’est pas en mesure de lui en fournir un pour la séance. On rappelle que le port de visière n’équivaut pas à un port de masque lorsque celui-ci est indiqué.

Si un patient arrive au cabinet sans masque, peut-on lui prêter un masque fait « maison » / en tissu que le kinésithérapeute laverait après la séance ?

Il est recommandé pour les patients à risque de forme grave de COVID 19, de se déplacer et de consulter avec port de masque à usage médical, qui peut être prescrit par le médecin traitant- l’usage de masque tissu n’est pas recommandé pour ces patients- l’information de port de masque est à formuler à la prise de rendez-vous
Si nécessaire, le kinésithérapeute donnera un masque à usage médical.Pour les autres patients non à risque de forme grave de COVID-19 demander à la prise de rendez-vous d’arriver avec un masque grand public respectant les spécifications de l’Afnor, si possible. Concernant le masque tissu :
Il est possible que le kinésithérapeute n’en possède pas beaucoup en stock ;
Il doit répondre aux normes AFNOR qui ont été éditées au mois d’avril (lien : https://masques-barrieres.afnor.org/home/telechargement) sur la confection et les caractéristiques physiques de ces masques en tissu pour être sûr qu’il protège et qu’il réalise bien une barrière efficace.
Il doit être lavé entre deux patients à 60°C pendant un cycle minimum de 30 minutes, séché au sèche-linge de préférence et repassé.

Les masques pour lutter contre l’épidémie de grippe H1N1 sont-ils encore aujourd’hui efficaces ?

Les masques destinés à la lutte contre la grippe H1N1 sont soit des masques à usage médical soit des appareils de protection respiratoire de type FFP.
Ces masques périmés peuvent être utilisés en remplacement des masques à usage médical sous réserve de :
• Vérifier l’intégrité des conditionnements ;
• Vérifier l’apparence (couleur d’origine) du masque ;
• Vérifier la solidité des élastiques ;
Les réserver aux professionnels de santé et soignants asymptomatiques lors de consultations en milieu hospitalier ou ambulatoire. Pour information, ces masques ne peuvent pas être utilisés chez les patients symptomatiques.

Est-ce que le virus peut se traCombien de temps les masques FFP2 sont-ils efficaces ?

Il faut suivre les recommandations du fabricant -port maximum 8h-

Est-ce que le port d’un masque chirurgical et d’une visière/lunettes de protection, équivaut à porter un masque FFP2 ?

Non, ce n’est pas équivalent.
Le masque FFP2 est un appareil de protection respiratoire (norme NF EN 149) destiné à protéger le professionnel contre l’inhalation des gouttelettes et des particules en suspension dans l’air, particules en suspension émises par exemple lors de gestes invasifs provoquant une aérolisation telle que la kinésithérapie respiratoire. Le masque FFP2 a un niveau intermédiaire de filtration de 94% des aérosols (il existe aussi le masque FFP1 avec un niveau plus faible de filtration et le masque FFP3 avec un niveau plus élevé de filtration)
Par exemple lors de la kinésithérapie respiratoire :
• La visière permet la protection oculaire du professionnel, le patient ne portant pas de masque ;
• Le masque FFP2 évite l’inhalation des microparticules émises lors de l’aérosolisation ;
• Le masque à usage médical norme EN 14683 protège uniquement le professionnel contre les gouttelettes émises par un patient ne portant pas de masque et ne protège pas le professionnel contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air.

Est-il obligatoire qu’un patient entre dans le cabinet avec un masque pour être pris en charge ?

De façon générale, les patients à risque de forme grave de covid19 auront une prescription de leur médecin traitant de masques chirurgicaux pour se déplacer : le port de masque à usage médical est recommandé par le HCSP.
La tendance actuelle est d’inciter au port du masque. Le ministère a pour l’instant seulement demandé le port du masque obligatoire dans les transports en commun.
La SF2H recommande de demander au patient d’arriver avec un masque grand public respectant les spécifications de l’Afnor (à la prise de rendez-vous).
Inévitablement, des patients risquent d’arriver sans masque, donc il va falloir prévoir un petit stock pour leur en donner un. A défaut le professionnel porte un masque à usage médical et dans cette situation, penser à rajouter une visière ou des lunettes de protection en cas de patient tousseur ou en cas de soin exposant aux postillons.

Les masques peuvent-ils être retirés ?

Le professionnel peut pendant une pause retirer son masque, si les consignes de distanciation sociale sont respectées. De même, le patient portant un masque peut se déshabiller sans l’enlever, tout en se frictionnant les mains avec une SHA avant et après s’être déshabillé.
Le patient peut également, durant un soin le nécessitant, retirer son masque, qui doit être déposé sur une surface propre.
De façon générale, le professionnel et le patient doivent manipuler au minimum leur masque.

Le port de la blouse

Quelles sont les recommandations concernant la blouse ?

Oui il existe des personnes asymptomatiques pouvant transmettre le virus, d’Une tenue par jour (sauf souillure majeure dans la journée) qui doit être nettoyée à 60°C pendant un cycle minimum de 30 minutes.

Est-ce qu’on peut laisser sa blouse à l’air libre pour éliminer le virus ? (dans une situation où le linge ne peut pas être lavé à 60°C)

Les recommandations en vigueur demandent le lavage à 60° pendant 30 minutes des tenues professionnelles. Si l’entretien à 60°c n’est pas possible :
L’URBH et le CTIN recommandent pour le linge de résidents, en cas d’impossibilité de traitement à 60°C et en l’absence de programmes de traitement adaptés, recommandés (*) par les lessiviers pour leurs effets virucides :
Placer le linge dans un sac plastique, doublé d’un autre sac plastique par sécurité, le tout fermé et étanche (ruban adhésif) et ce, pendant 10 jours avant de le mettre au lavage.
Il peut être procédé de même pour le traitement de tenue en secteur libéral, par analogie.

Est-ce que la blouse doit être changée entre chaque patient ?

En théorie non, en l’absence de souillures de la tenue
Si le masseur-kinésithérapeute évalue un risque de souillure de la tenue lors de la prise en charge, il porte un tablier plastique, changé dès la fin de la prise en charge du patient.
En cas de contact des mains avec les souillures de la tenue, il existe un risque de contamination des mains qui ramenées au visage contamineront alors les muqueuses. Dès lors il est recommandé de réaliser une hygiène des mains par lavage ou friction selon le degré de salissure des mains.

Le port d’une sur-blouse ou tablier plastique à usage unique

Est-il nécessaire, pour des soins classiques hors kinésithérapie-respiratoire, de porter un tablier plastique à usage unique ?

Non, il s’agit seulement de précaution standard. La sur-blouse ou le tablier à UU pour protéger la tenue ne sera utile que s’il s’agit de soins mouillants ou souillants. En dehors de ce cas de figure, il n’y a pas de préconisation si ce n’est d’avoir une tenue propre par jour.

Le port de lunettes de protection/visière

Est-il nécessaire, pour des soins classiques hors kinésithérapie-respiratoire, de porter un tablier plastique à usage unique ?Les lunettes de protection doivent-elles être portées uniquement en kinésithérapie-respiratoire ?

Non. Si un patient arrive sans masque chirurgical (ou masque tissu), il y a des risques de postillons. Le kinésithérapeute qui ne porte pas de lunettes de protection s’expose à un risque de contamination. Le kinésithérapeute, en cette période particulière, va devoir mettre en place des mesures de protection adaptées pour éviter qu’il ne soit lui-même contaminé.

Le port d’une paire de gants

Pourquoi les gants ne sont pas recommandés ?

Oui il existe des personnes asymptomatiques pouvant transmettre le virus, d’Une tenue par jour (sauf souillure majeure dans la journée) qui doit être nettoyée à 60°C pendant un cycle minimum de 30 minutes. Les gants sont à utiliser en cas de contact avec un liquide biologique (sang, urines, selles, vomissements …) ou en cas de contact avec une muqueuse (rééducation maxillo-faciale par exemple) ou en cas de lésions cutanées du professionnels. Ils sont portés au moment du soin, retirés immédiatement après le soin exposant.
En dehors de ces indications, le port de gant systématique est élément de dissémination dans l’environnement des agents infectieux.

À quel moment le kinésithérapeute peut-il utiliser des gants ?

Le port de gants usage unique est recommandé dès contact avec une muqueuse, des liquides biologiques ou si lésions des mains du professionnel (blessures)
Dès retrait des gants, une hygiène des mains avec un PHA est effectuée (voir vidéo – e-conférence).

Chaussures et protection associées

Le patient doit-il retirer ses chaussures avant d’entrer dans le cabinet ?

Le virus se propage par les postillons et le contact avec les mains. Aucune étude n’atteste d’une contamination par les chaussures. Ainsi, il n’est pas nécessaire d’ôter ses chaussures ou de porter des sur-chaussures qui exposent à un risque inutile de contamination des mains.

Se désinfecter les mains

Doit-on se laver les mains avant d’appliquer la solution hydro-alcoolique ?

Non, lorsque les mains sont visuellement non souillées, l’utilisation de la SHA sans lavage préalable est validée et efficace
Il est donc préconisé de recourir à la seule SHA au cours de la journée.
SAUF En cas d’utilisation de crème ou d’huile, le kinésithérapeute se lavera d’abord les mains afin de retirer tout résidu huileux, se séchera précautionneusement les mains et attendra 10 minutes avant d’appliquer la SHA. Pour les professionnels présentant des coupures ou des problématiques de peau (par exemple : eczéma), il est recommandé de porter des gants et de privilégier le lavage des mains au savon doux.

Nettoyer et désinfecter son cabinet – Gestion des déchets

Faut-il nettoyer la salle de consultation directement après les soins, ou attendre que les 10 minutes d’aération soient passées ?

L’aération de la pièce créé un phénomène d’épuration. Il est donc possible de nettoyer la salle tout en aérant. Les surfaces au contact du patient et/ou de ses mains seront systématiquement nettoyées et désinfectées en fin de séance indépendamment de l’aération.

Comment se passe la désinfection du matériel présent dans une salle de consultation ?

Tout ce qui est en contact avec le patient doit, par principe, être désinfecté entre chaque patient au même titre que la table de kinésithérapie.

Les aérosols dits virucides peuvent-ils être utilisés pour désinfecter une pièce ?

L’air ne pouvant être désinfecté par un produit pulvérisé, l’efficacité des aérosols désinfectants à cet usage est nulle et très polluant pour l’environnement. L’aération est la seule méthode recommandée pour épurer l’air d’une pièce.

Peut-on utiliser de l’alcool ménager à 70° pour désinfecter ses équipements ?

L’alcool n’est retenu dans aucune recommandation nationale.

La gestion des déchets est-elle différente durant cette période d’épidémie ?

Il est demandé aux professionnels de stocker leurs déchets d’activité de soins durant 24h et ce dans un sac plastique opaque et correctement fermé, avant de les éliminer via la filière classique des ordures ménagères.

Concernant le nettoyage des sols, quelles sont les recommandations ? Est-il possible d’utiliser un nettoyeur vapeur ? De la javel ?

En l’absence de kinésithérapie au sol, et en l’absence de souillures visibles sur le sol, il est possible d’utiliser votre détergent habituel ou votre appareil vapeur habituel
Si kinésithérapie au sol, et/ou présence de souillures visibles au sol (par exemple : vomissements), l’utilisation de détergent désinfectant virucide est recommandé avec la norme NF EN 14476 ou un appareil vapeur avec la norme NF T72-110 ou l’eau de javel correctement diluée après lavage, rinçage et séchage du sol.

Existe-t-il une alternative aux produits détergents et désinfectants se trouvant dans le commerce ?

En priorité, il est recommandé d’utiliser des produits détergents et désinfectants qui respectent la norme EN14476.
Il existe cependant une alternative : l’eau de javel utilisée comme désinfectant. Elle doit être diluée correctement, ne pas être périmée et être conservée au maximum 24h. Il faudra tout d’abord nettoyer la surface, la sécher et ensuite la désinfecter avec l’eau de javel, ce qui alourdit le processus de désinfection.
Les nettoyeurs vapeurs professionnels avec la norme NF T72-110 sont également une alternative.

Peut-on passer l’aspirateur le soir dans son cabinet ?

L’aspirateur est déconseillé entre le passage de deux patients afin d’éviter toute nouvelle dispersion de particules virales dans l’air. Il est possible de le passer le soir, à la fin de toutes les consultations, en privilégiant le port du masque chirurgical / FFP2 et en laissant la fenêtre ouverte. L’usage de l’aspirateur est à utiliser par défaut sur des matériaux ne pouvant être nettoyés autrement.

La kinésithérapie-respiratoire et la kinésithérapie maxillo-faciale

Si un patient vient au cabinet pour une problématique de mâchoire bloquée, quelles sont les recommandations pour une prise en charge sécurisée ?

Lors de cette prise en charge spécifique, le patient ne pouvant pas porter de masque, le professionnel portera un masque à usage médical (chirurgical), des lunettes de protection ou une visière, effectuera une hygiène de mains par friction avec un PHA, et portera des gants à usage unique si contact avec la muqueuse buccale.

L’organisation du cabinet (climatisation – aération de la pièce/équipement)

L’aération de 10 minutes doit-elle se faire entre chaque patient ?

Pas obligatoirement. 2 situations :
– le cabinet possède une fenêtre et organise régulièrement l’aération du cabinet (10 minutes habituellement conseillées)
– le cabinet ne possède pas de fenêtre :
– le professionnel et le patient portent un masque, pas de contrainte particulière
– le patient ne porte pas de masque, un temps de repos de la pièce porte ouverte est à organiser avant l’accueil du patient suivant
– s’assurer de la bonne maintenance/performance de la ventilation mécanique (VMC) permettant le renouvellement d’air. Après une séance avec effort/kinésithérapie respiratoire, il est préconisé 20 minutes d’aération en ouvrant la fenêtre. Ces 20 minutes de ventilation vont épurer l’air.

Comment l’aération/ventilation de la pièce s’organise pour les cabinets situés en rez-de-chaussée, sans fenêtre, avec comme seule ouverture la porte d’entrée ?

La ventilation mécanique (VMC) permettra un renouvellement d’air sous réserve de s’assurer du bon fonctionnement.
Privilégier le port du masque systématique si possible.
Chaque fois que possible organiser l’aération du cabinet en laissant la porte ouverte
Pour les séances de kinésithérapie respiratoire ou réhabilitation respiratoire sans port de masque, organiser ces séances en fin de planning afin de laisser un temps plus long d’aération porte ouverte.

Peut-on demander au patient de ramener son propre drap de bain préalablement lavé à mettre sur la table de massage à la place du papier jetable ?

L’utilisation de drap de bain du patient n’est pas recommandé : il n’y a pas de garantie sur les modalités d’entretien, de stockage et de transport
En cette période post confinement et de circulation du virus SARS-CoV-2, l’utilisation de papier jetable ou de linge entretenu par le kinésithérapeute en respectant toutes les consignes de lavage, séchage, repassage et stockage sont à privilégier

Quelles sont les conditions d’utilisation de la climatisation ?

Vérifier l’absence de recyclage d’air : système avec air neuf exclusif ;
Si les centrales d’air et unités terminales sont équipées de filtres performants et bien entretenus, pas de problème ;
Les installations de type ventilo-convecteurs brassant l’air pour le rafraichir peuvent poser problème.

Qu’en est-il de l’utilisation du ventilateur ? 

Dans un cabinet de kinésithérapie, l’utilisation du ventilateur apparaît moins risquée que dans d’autres domaines (recommandations du HCSP) :
– il est possible d’utiliser un ventilateur individuel pour une personne seule dans une pièce ;
– il est aussi possible d’organiser la ventilation entre deux patients pour rafraîchir la pièce.

Quels sont les équipements à éviter ?

Tous les équipements partagés à base de mousse ou de bois sont très difficiles à désinfecter et donc à éviter pendant cette période.

Peut-on continuer d’utiliser les draps, stockés dans une pochette plastique individuelle au cabinet, pour chaque patient ?

Le drap individuel doit être lavé entre 2 séances à 60°C pendant 30 minutes minimum puis séché, repassé et stocké dans une armoire fermée ou une pochette plastique fermée.

L’utilisation habituelle d’alèses en tissus, attribuées à chaque patient, peut-elle persister en cette période ?

L’alèse en tissu doit être changée entre 2 patients et entretenue

La prise en charge des patients COVID-19

Au bout de combien de temps les patients COVID-19 ne sont-ils plus considérés comme patients COVID+

Source : Haut Conseil de la Santé Publique

En population générale
• À partir du 8ème jour à partir du début des symptômes ;
• ET au moins 48 heures à partir de la disparition de la fièvre vérifiée par une température rectale inférieure à 37,8°C (mesurée avec un thermomètre deux fois par jour, et en l’absence de toute prise d’antipyrétique depuis au moins 12 heures) ;
• ET au moins 48 heures à partir de la disparition d’une éventuelle dyspnée (fréquence respiratoire inférieure à 22/mn au repos) ;
La disparition de la toux ne constitue pas un bon critère dans la mesure où peut persister une toux irritative au-delà la guérison.
Dans les 7 jours qui suivent la levée du confinement, il est recommandé d’éviter les contacts rapprochés avec les personnes à risque de forme grave

Pour les personnes immunodéprimées (figurant dans la liste des personnes à risque de l’avis du HCSP du 14 mars 2020)
• A partir du 10ème jour à partir du début des symptômes ;
• ET au moins 48 heures à partir de la disparition de la fièvre vérifiée par une température rectale inférieure à 37,8°C (mesurée avec un thermomètre deux fois par jour, et en l’absence de toute prise d’antipyrétique depuis au moins 12 heures)
• ET au moins 48 heures à partir de la disparition d’une éventuelle dyspnée (fréquence respiratoire inférieure à 22/mn au repos) ;
• AVEC, lors de la reprise des activités professionnelles, le port d’un masque chirurgical de type II, pendant les 14 jours suivant la levée du confinement. Il est aussi rappelé l’importance du respect des mesures d’hygiène des mains.

La prise en charge des jeunes patients

En terme de kinésithérapie pédiatrique, est-il nécessaire pour le kinésithérapeute de changer de tenue entre chaque enfant ?

Il n’y a pas de différence entre la prise en charge de l’enfant et celle de l’adulte, donc il s’agit des mêmes préconisations : une blouse propre par jour (lavée à 60°C pendant un cycle minimum de 30 minutes) avec recommandation d’enfiler une sur-blouse ou un tablier plastique à usage unique si risque de souillures (ceci dépendra de la prise en charge).

Les enfants peuvent-ils se désinfecter avec une SHA ?

L’utilisation de SHA n’est pas conseillée pour les enfants de moins de 3ans. Au-délà de cet âge, et si l’enfant n’est pas autonome, la solution doit être appliquée en présence et avec l’aide d’un adulte. A défaut, le lavage des mains au savon doux est préconisé.

Dans le cadre de séance avec des enfants, faut-il désinfecter entièrement la salle après la séance ?

Si l’enfant est posé sur un tapis, celui-ci peut être contaminé par ses sécrétions. Il faudra alors le nettoyer avec un produit virucide ou un appareil de vapeur professionnel norme de virucidie NFT 72-110 Seules les surfaces au contact de l’enfant seront nettoyées et désinfectées comme pour tout autre patient.

Quels équipements de protection pour l’enfant et le professionnel ?

Le masque est déconseillé pour les enfants de moins de 10 ans
Les enfants en bas âge pouvant éternuer ou nécessiter d’être en proximité physique immédiate du kinésithérapeute, il est donc recommandé pour le professionnel de porter une visière ou des lunettes de protection en plus du masque. Plus généralement, chaque fois que le kinésithérapeute prend en charge un patient avec une certaine proximité, le port de lunettes de protection ou visière apparaît indispensable et cela, quel que soit l’âge du patient. Ceci dépendra donc de la prise en charge prévue.

Peut-on demander aux parents des patients en bas âge d’apporter quelques jouets au cabinet ?

En effet, il est déconseillé de laisser des jouets dans les salles d’attente car il faudrait pouvoir les désinfecter entre deux enfants.
Si jamais l’enfant ne peut impérativement pas se passer de jouet, les parents peuvent amener les leurs et repartir ensuite avec (organisation à prévoir à la prise de rendez-vous, jouet propre)

Les questions spécifiques

Quelles sont les recommandations en termes de balnéothérapie ?

Source : Avis de la SF2H
Il s’agit des recommandations habituelles.
Pas de balnéothérapie pour les personnes ayant des signes cliniques.

Existe-t-il des précautions sur l’utilisation de crèmes de massage ?

Il est conseillé d’éviter une crème de massage à usage partagé pour lui préférer la crème appartenant directement au patient.
Concernant le lavage des mains après utilisation des crèmes, cf. question 20. Lors de massages réalisés au domicile des patients, Le kinésithérapeute réalise une hygiène des mains par friction avec un PHA en début de prise en charge, et un lavage au savon doux après le soin suivi d’un séchage avec un essuie main à usage unique. A la sortie du domicile, faire une friction des mains avec une SHA.

Si chaque patient était amené à se nettoyer les mains aux toilettes, le kinésithérapeute devrait-il les nettoyer après chaque passage ?

Cela parait compliqué à mettre en place. D’où l’intérêt de proposer la désinfection des mains par l’utilisation de SHA en sortie des toilettes.

Quelles sont les mesures-barrières à respecter en cas de supervision d’une activité physique en plein air ?

Il s’agira principalement de veiller à la distanciation sociale entre les patients :
• soit 5 m pour la course à pied (ne pas courir en file indienne mais de front, les uns à côté des autres)
• et 12 m en vélo

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