Prévenir la perte d’autonomie – Un enjeu fort des prochaines décennies

Prévenir la perte d’autonomie – Un enjeu fort des prochaines décennies

Etat des lieux de la dépendance en France

La population française des plus de 60 ans va doubler entre 2000 et 2050. En 2060, les plus de 60 ans représenteront 32% des personnes, et les plus de 80 ans, 11,5% [1]. Ces données démographiques nous indiquent une apparition forte de la dépendance dans la population.

Pyramide des âges au 1er janvier 2022
(source INSEE)
Prédiction de la pyramide des âges en France au 1er janvier 2060 (source INSEE)

Aujourd’hui il y a environ 1,2 millions de bénéficiaires de l’APA (allocation personnalisée à l’autonomie). Cela représente une partie importante des dépenses des départements. Les personnes bénéficiant de l’APA vivent majoritairement à domicile. Les aidants familiaux sont les premiers aidants des personnes dépendantes.

L’enjeu de la prévention de la dépendance est majeur pour la France : notre système de santé s’est construit sur le curatif et peu sur le préventif. Cependant, c’est en investissant dans la prévention que nous pourrons retarder la dépendance chez les personnes âgées.

Identification des personnes à risque de perte d’autonomie

Identifier les personnes à risque de perte d’autonomie ou en perte d’autonomie permet d’instaurer rapidement un plan de soins pluriprofessionnel et coordonné afin de retarder au maximum la survenue de la dépendance [2]. 

Afin de développer ce repérage, deux axes sont majeurs :

La prévention :
Il est nécessaire d’instaurer auprès des personnes âgées mais également de leur entourage une prévention primaire forte permettant un retard d’apparition du risque de la perte d’autonomie et un repérage précoce des signes de celle-ci. La prévention de la perte d’autonomie doit s’appuyer sur la santé, l’environnement et les capacités psycho-sociales de la personne.

La formation des professionnels :
L’accompagnement des personnes en perte d’autonomie mobilise un grand nombre de professionnels (médecin généraliste, masseur-kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute etc.), il est donc nécessaire de proposer à ces professionnels des formations adéquates.

Le programme ICOPE lancé en 2019 par l’OMS, est un programme de prévention de la perte d’autonomie des personnes de plus de 60 ans (hors structure de soin), évaluant les capacités intrinsèques de la personne. Ce projet, dont l’URPS MK ARA se saisit, répond à ce besoin d’identification de la personne tout en permettant ensuite de l’intégrer dans un plan de soins personnalisé [3].

Place des masseurs-kinésithérapeutes dans la prise en charge de la perte d’autonomie

Les masseurs-kinésithérapeutes sont des professionnels pivot dans la détection et dans la prise en charge de la perte d’autonomie. Que ce soit dans le maintien de la mobilité, la gestion de troubles musculo-squelettiques ou de prise en charge de douleurs chroniques, le kinésithérapeute a un rôle prépondérant auprès de la personne âgée. Il est donc l’un des professionnels ressources dans la prise en charge de la perte d’autonomie.

Le masseur-kinésithérapeute devrait également avoir un rôle majeur dans la prévention de la perte d’autonomie, malheureusement, la NGAP ne permet pas aux MK d’être rémunérés pour des actions de prévention.

A travers le défi ICOPE, ou d’autres projets, l’URPS MK ARA entend mettre en avant la position stratégique du MK dans la prévention de certains troubles.


Bibliographie :

[1] INSEE, estimations de  population et statistiques de l’état civil jusqu’en 2012 et projection 2013-2070

[2] Ministère de la santé et des solidarités, Plan national d’Action de prévention de la perte d’autonomie, 2015, disponible sur https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_national_daction_de_prevention_de_la_perte_dautonomie.pdf

[3] Organisation mondiale de la santé, bureau régionale de l’Afrique, Conseils sur l’évaluation et les filières axées sur la personne dans les soins de santé primaires, 2019, disponible sur http://apps.who.int/iris

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